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Fr: Guillemot à cou blanc
Ang: Ancient Murrelet
All: Silberalk
Esp: Mérgulo Antiguo
Ita: Urietta canuta
Nd: Zilveralk
Sd: Kragalka

Photographes:

Tom Grey
Tom Grey's Bird Pictures & Tom Grey's Bird Pictures 2

Ken Havard
His Bird Pictures on IBC et Flickr gallery

William Price
PBase-tereksandpiper & Flickr William Price

Texte de Nicole Bouglouan

Sources:

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD Vol 3 by Josep del Hoyo-Andrew Elliott-Jordi Sargatal - Lynx Edicions - ISBN : 8487334202

THE HANDBOOK OF BIRD IDENTIFICATION FOR EUROPE AND THE WESTERN PALEARCTIC by Mark Beaman, Steve Madge - C. Helm - ISBN: 0713639601

L’ENCYCLOPEDIE MONDIALE DES OISEAUX - Dr Christopher M. Perrins -  BORDAS - ISBN: 2040185607

Avibase (Denis Lepage)

BirdLife International

HBW Alive

Audubon

All About Birds (Cornell Lab of Ornithology)

AVIBIRDS.COM

Bird Web (Seattle Audubon Society)

What Bird-The ultimate Bird Guide (Mitchell Waite)

Wikipedia, the free encyclopaedia

Alaska Seabird Information Series

Ancient Murrelet (Synthliboramphus antiquus)

ANCIENT MURRELET - Original prepared by Anne Harfenist

 

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Famille des Alcidés

Sommaire fiches

 

Guillemot à cou blanc
Synthliboramphus antiquus

Ordre des Charadriiformes – Famille des Alcidés

INTRODUCTION :
Le Guillemot à cou blanc est très proche du Guillemot du Japon et ces deux espèces sont très similaires. Le Guillemot à cou blanc est abondant et largement répandu. Il se reproduit dans le Pacifique Nord et dans le détroit de Béring, mais il  gagne le Japon et la Californie après la reproduction.
Il nidifie sur des îles où les prédateurs introduits ont entrainé le déclin de l’espèce. Il fréquente habituellement les eaux froides, et des groupes s’installent à la limite de la plateforme continentale. Cependant, ils viennent aussi près des côtes où les courants amènent de grandes quantités de proies vers la surface.
Comme de nombreux Alcidés, le Guillemot à cou blanc nidifie dans des terriers et forme de grandes colonies sur des îles où la végétation est épaisse.

DESCRIPTION DE L’OISEAU :
Quelques mesures :  
Longueur : 24-27 cm
Poids : 177-250 gr

Le Guillemot à cou blanc est un petit Alcidé trapu. Il a les parties supérieures gris ardoisé et le dessous blanc, avec les côtés du corps gris foncé, formant une bande de séparation sombre entre l’abdomen et le dessous de l’aile.
La tête, la nuque et la gorge sont noires. Le blanc des parties inférieures s’étend autour de la gorge noire et remonte vers les côtés de la tête. On peut voir une bande blanche formée de fines plumes filamenteuses, s’étendant depuis le dessus de l’œil vers la nuque.
Le bec court est couleur corne avec le culmen plus sombre. Les yeux sont brun foncé. Les pattes et les doigts palmés sont gris rosâtre avec les membranes noirâtres.

Pendant l’hiver, les adultes perdent ces filoplumes blanches, la gorge est moins noire, et le blanc des parties inférieures remonte jusque sur les côtés du cou.
Mâle et femelle sont identiques.

Le juvénile ressemble à l’adulte en hiver, mais il est plus terne et plus brun. Il a le bec plus court et plus foncé. Le noir de la tête ne s’étend que jusqu’aux commissures, alors que le menton et le bas de la face sont blancs avec des traces noirâtres.    

SOUS-ESPECES ET DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE :
Le Guillemot à cou blanc a deux sous-espèces reconnues.
S.a. antiquus (décrite plus haut) se trouve dans la Mer Jaune et la Mer du Japon, vers le nord à Sakhaline, aux Iles Kourile et dans le nord de la Mer d’Okhotsk jusqu’au Kamtchatka, puis vers l’est dans les Iles Aléoutiennes jusqu’au sud de l’Alaska, et vers le sud jusqu’en Colombie Britannique (Haida Gwaii, anciennement îles de la Reine-Charlotte).

S.a. microrhyncos se trouve sur les Iles du Commandeur. Il hiverne au large, sur la plaque continentale au large du Japon et de la Corée, vers le sud jusqu’à Taiwan, et au large de l’ouest de l’Amérique vers le sud jusqu’en Californie.
Cette race a le bec plus petit et a moins de mouchetures sur les côtés du cou.  

HABITAT :               
Le Guillemot à cou blanc nidifie dans des terriers creusés au milieu des racines des arbres dans un sol couvert de mousse, sous de grands arbres en forêt, souvent dans des parcelles de conifères matures. Il lui arrive aussi de s’installer dans une crevasse rocheuse et dans des zones où pousse une abondante végétation, même avec peu ou pas de canopée.
Le Guillemot à cou blanc se nourrit au large en mer, et occasionnellement dans des fjords ou des criques. Il fréquente surtout les zones côtières intertidales découvertes par les marées et les habitats côtiers plus élevés.
Le Guillemot à cou blanc hiverne bien au large, en général au-delà de la limite de la plaque continentale, mais il est également visible près des côtes, dans les zones où de violents courants ascendants font remonter les proies vers la surface.

CRIS ET CHANTS : SONS PAR XENO-CANTO  
Le Guillemot à cou blanc émet un pépiement bas et des séries de gloussements. Le mâle chante la nuit à la colonie. Il émet un chant simple composé de pépiements répétés.

COMPORTEMENTS DANS LA VIE SAUVAGE :  
Le Guillemot à cou blanc se nourrit d’une variété d’espèces marines comme le krill (Euphausia), les poissons (Ammodytes hexapterus, Cymatogaster aggregata et harengs), et Hexagrammos decagrammus qu’il capture au fond de l’eau.  
Mais le régime varie en fonction des saisons et de la disponibilité des proies. Les juvéniles se nourrissent surtout d’Ammodytes hexapterus (Lançon gourdeau du Canada).

Le Guillemot à cou blanc plonge à des profondeurs de 10 à 20 mètres, souvent dans des zones où les courants ascendants font remonter les proies et au-dessus des rochers immergés. Tandis qu’il est sous l’eau, il se propulse avec ses ailes courtes en les utilisant comme des nageoires.  

Le Guillemot à cou blanc a un comportement inhabituel pendant la saison de reproduction. Il chante la nuit à la colonie, souvent posé sur une branche d’arbre ou n’importe quel autre perchoir élevé. Le chant est une série de pépiements répétés.
Ils se reproduisent en colonies, souvent en compagnie d’autres Alcidés. Ils sont certainement monogames, avec une grande fidélité envers le ou la partenaire et le site de nidification.

En compagnie du

Starique pygmée

(à gauche)

Le Guillemot à cou blanc reste à l’intérieur des limites de ses aires de reproduction, et n’effectue que quelques dispersions limitées, sauf dans la Mer d’Okhotsk à cause de la glace. Il revient sur ses sites de nidification au moins un mois avant le début de la ponte.
Les oiseaux effectuent des déplacements vers le sud en octobre dans l’ouest et l’est du Pacifique. Ils atteignent le sud de la Californie fin octobre, et de nombreux oiseaux se trouvent au Japon et en Corée entre décembre et mars.
Les oiseaux qui se reproduisent en Colombie Britannique reviennent en février/mars. La migration de retour s’effectue en moins d’un mois, environ 28 jours, pour parcourir une distance de 7600 km depuis le Japon et la Chine.

Le Guillemot à cou blanc est très agile en vol. Il est capable de s’envoler directement depuis la surface de l’eau. Lorsqu’ils volent en groupes, ils tournent généralement à l’unisson. Le vol est rapide et direct.

REPRODUCTION DE L’ESPECE :
La saison de reproduction varie en fonction de la distribution. Elle a lieu entre avril/début mai et la première moitié de juin en Colombie Britannique, dans le sud-est de l’Alaska et aux Aléoutiennes. Elle commence à la mi-mars en Chine, jusqu’à fin juin/début juillet dans la Mer d’Okhotsk et au Kamtchatka.
Le Guillemot à cou blanc nidifie en colonies, souvent en compagnie d’autres espèces d’Alcidés. Il a des habitudes nocturnes. Il nidifie dans un terrier creusé sous les arbres ou la végétation, souvent sur une pente près de la mer. Les deux adultes creusent ce terrier qui peut atteindre entre 60 et 150 centimètres de longueur, en général moins de 2 mètres. A la fin se trouve la chambre d’incubation, tapissée d’herbes, de feuilles et de brindilles.
Mais le Guillemot à cou blanc peut aussi nidifier dans une crevasse rocheuse ou une cavité naturelle, et il lui arrive d’utiliser des terriers abandonnés par d’autres animaux.

La femelle dépose 2 œufs chamois clair ou vert olive avec des taches brunes. Les deux adultes partagent l’incubation pendant 32-33 jours avec des tours de 3 jours. A la naissance, les poussins sont couverts de duvet gris bleuâtre sur le dessus et blanc dessous, tandis que la tête est noire. Ils sont nidifuges et ne restent dans le terrier sans être nourris que  pendant 1 à 4 jours. Ils quittent le nid la nuit, attirés par les parents à l’entrée du terrier. Ils partent en groupe familial pour gagner l’océan, et s’éloignent immédiatement en nageant. Ils peuvent alors parcourir 40-50 km en 12-20 heures. Les poussins sont nourris et élevés par leurs parents pendant au moins 4-5 semaines, jusqu’à la fin de leur croissance. Le succès de la reproduction est habituellement assez élevé.

PROTECTION / MENACES / STATUTS :
Le Guillemot à cou blanc adulte est souvent la proie du Pygargue à tête blanche, du Faucon pèlerin et du Grand Corbeau, mais les rats et les ratons laveurs introduits sur les îles sont aussi des prédateurs non négligeables. Le trafic intense des grands navires, les dérangements causés par les humains, la pollution aux hydrocarbures et l’attraction causée par les lumières des bateaux rendent cette espèce vulnérable.
La population globale est estimée à 1 000 000/2 000 000 d’individus, et elle est probablement en déclin, essentiellement à cause des prédateurs introduits.  
Mais actuellement, le Guillemot à cou blanc est considéré comme non menacé.