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Fr: Pluvianelle magellanique
Ang: Magellanic Plover
All: Magellanregenpfeifer
Esp: Chorlito de Magallanes
Ita: Piviere di Magellano
Nd: Magelhaenplevier
Sd: magellanpipare

Photographes:

Ken Havard
His Bird Pictures on IBC & Flickr gallery 1 & Flickr gallery 2

Otto Plantema
Trips around the world

Texte de Nicole Bouglouan

Sources:

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD Vol 3 by Josep del Hoyo-Andrew Elliott-Jordi Sargatal - Lynx Edicions - ISBN: 8487334202

SHOREBIRDS by Peter Hayman, John Marchant and Tony Prater – Christopher Helm – 1986 – ISBN: 0747014035

Nature Guide Birds of the World Par DK – Editeur : Dorling Kindersley Ltd, 2012 – ISBN: 1409375471, 9781409375470

Avibase (Denis Lepage)

Birdlife International

HBW Alive

CREAGUS@Monterey Bay (Don Roberson)  

Wikipedia, the free encyclopaedia

Neotropical Birds – Cornell Lab of Ornithology

ARKive (Christopher Parsons)  

Fatbirder - Pluvianellidae - Magellanic Plover

Far South Expeditions - Magellanic Plover, Pluvianellus socialis, a shorebird on a class of its own

 

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Pluvianelle magellanique
Pluvianellus socialis

Ordre des Charadriiformes – Famille des Pluvianellidés

INTRODUCTION :
La Pluvianelle magellanique est présente à l’extrémité sud de l’Amérique du Sud. Ce limicole a la forme d’une tourterelle mais avec la morphologie et les comportements d’un tournepierre, y compris la façon de retourner les algues ou les cailloux pour atteindre les invertébrés qui s’y cachent.
Mais des analyses récentes des caractères morphologiques et ostéologiques de l’oiseau ont mis en évidence la non ressemblance de ce limicole avec les pluviers typiques, mais qu’il serait en revanche plus proche des Chionidés que de n’importe quel Charadriiforme. Il faut cependant savoir que la Pluvianelle magellanique est tout à fait différente des Chionis, même si elle est très proche d’eux. Ces études ont eu pour résultat l’attribution d’une famille pour cette seule espèce, les Pluvianellidés.

La Pluvianelle magellanique se reproduit près des lacs d’altitude en Terre de Feu. Elle migre vers le nord jusqu’aux côtes de la Patagonie après la reproduction. Autre critère unique, elle transporte la nourriture à ses poussins dans son jabot, une poche qui se gonfle aussi au cours des parades.  

La Pluvianelle magellanique est rare. Ses aires de reproduction sont affectées par la destruction des herbages naturels en Patagonie par le bétail, et les nids peuvent être piétinés par les animaux. Les dérangements causés par les humains et la prédation par les chiens et les chats, avec en plus la dégradation des estuaires utilisés en dehors de la reproduction par diverses pollutions, rendent l’espèce particulièrement vulnérable. Elle est actuellement considérée Quasi Menacée.   

DESCRIPTION DE L’OISEAU :
Quelques mesures :  
Longueur : 19,5–21,5 cm
Poids : M : 79-102 gr – F : 70-87 gr   

La Pluvianelle magellanique est un beau limicole blanc et gris en tous plumages.
L’adulte a les parties supérieures et la poitrine grises, mais le bas de la poitrine est teinté de brun. Le menton, la gorge et les parties inférieures sont blancs, y compris le dessous des ailes et les axillaires.
En vol, le dessus des ailes montre une barre alaire blanche nette qui contraste avec les rémiges sombres. Le dessus de la queue est blanchâtre avec les rectrices centrales noires.
La tête est grise sur la calotte et la nuque. Les lores sont noirâtres. Les joues et le front sont blancs.
Le bec court et pointu est noir, avec des taches rosâtres à la base du culmen et sur la mandibule inférieure. Les yeux sont rouge rosâtre. Les pattes courtes et les doigts puissants sont rouge rosâtre.  
Mâle et femelle sont identiques au niveau du plumage, mais la femelle est légèrement plus petite que le mâle.

Le juvénile a les plumes des parties supérieures tachetées et bordées de blanc. La poitrine grisâtre est légèrement striée de gris foncé. Les lores sont clairs et sans trace de noir. Les parties nues sont plus ternes. Le bec a pas mal de jaune sur le culmen. Les yeux sont gris orangé. Les pattes et les doigts sont plus jaunâtres sur ceux des adultes.    

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE :
La Pluvianelle magellanique se reproduit dans le sud de l’Argentine et l’extrême sud du Chili. Elle hiverne vers le nord jusqu’à la Péninsule de Valdés et parfois jusqu’à la province de Buenos Aires dans le centre-sud de l’Argentine.

HABITAT :
La Pluvianelle magellanique se reproduit dans les herbages autour des lacs et lagunes d’eau douce ou saumâtre, jusqu’à une altitude de 1200 mètres. Après la reproduction, elle migre vers la côte et reste dans les baies abritées et les estuaires.

CRIS ET CHANTS : SONS PAR XENO-CANTO
La Pluvianelle magellanique a pour cri le plus fréquent un « coo » ou « ceu » sonnant, à moitié entre le cri d’une tourterelle et celui d’un pluvier. Nous pouvons également entendre un sifflement ascendant « weeEEEEooooo ». Le cri d’alarme est un « pip-wheet ».   

COMPORTEMENTS DANS LA VIE SAUVAGE :
La Pluvianelle magellanique se nourrit de crevettes, d’amphipodes et de petits arthropodes trouvés sur les rives sableuses.
Elle picore les proies sur le sol, et retourne les petites pierres et les algues avec son bec pour trouver de la nourriture. Elle utilise aussi ses pattes et ses doigts puissants pour gratter ou creuser le sable pour dénicher des proies cachées. Ce comportement est unique chez les limicoles.
Elle est toujours très active et court vite tout en cherchant des proies. Elle est parfois observée en petits groupes en dehors de la saison de reproduction.

La Pluvianelle magellanique se reproduit au début du printemps. Le territoire est vigoureusement défendu par les deux partenaires. Les deux parents partagent les tâches liées à la reproduction.
Les parades ont lieu sur le sol. Le mâle se dresse sur ses pattes et gonfle sa poitrine. Des offrandes de nourriture sont aussi observées.

La coloration cryptique de ce limicole le rend difficile à trouver, en particulier lorsqu’il se fond sur les graviers qui font partie de son habitat habituel.

La Pluvianelle magellanique est résidente, dispersive et migratrice. Après la reproduction, elle se déplace vers la côte jusqu’au nord de la Péninsule de Valdés, et quelquefois jusqu’au sud-ouest de la province de Buenos Aires et aussi jusqu’aux Iles Malouines.
La zone la plus importante dans laquelle les oiseaux viennent hiverner après la reproduction est l’estuaire du Río Gallegos où l’espèce est présente de fin mars à début août.

Le vol est puissant et rapide mais souvent erratique, avec des battements rapides.

REPRODUCTION DE L’ESPECE :  
La Pluvianelle magellanique se reproduit au début du printemps, avec la ponte entre début septembre et mi-novembre.
Elle nidifie sur le sol, sur les graviers des bords des lacs et des lagunes. Les deux partenaires défendent le territoire contre les autres couples.
Le nid est une dépression grattée dans le sol et tapissée de graviers. Il est situé sur les rives nues des lacs et très près de l’eau, même si les niveaux des eaux sont instables. L’espèce peut produire jusqu’à trois couvées par saison.

La femelle dépose 1-2 œufs de grande taille directement sur le sol. Les deux adultes partagent l’incubation pendant 24 jours. A la naissance, les poussins sont finement tachetés de roux et de sombre, avec quelques extrémités blanches duveteuses. Ils sont généralement faibles. Ils sont nourris par les parents même après l’envol. Ils sont parfois nourris par régurgitation avec de la nourriture rapportée dans le jabot bien développé des adultes. Ce comportement est unique chez les limicoles.
Les jeunes s’envolent au bout de 28-35 jours après l’éclosion et dépendent encore des adultes pour une dizaine de jours. Le second poussin est souvent très faible et meurt généralement de faim.
Les nids sont parfois visités par les prédateurs ou piétinés par le bétail.  

PROTECTION / MENACES / STATUS :  
La Pluvianelle magellanique est affectée par la destruction et la dégradation des herbages par le bétail en Patagonie. Les animaux piétinent les nids et les chiens et les chats sont des menaces non négligeables.
Les zones d’hivernage et plus particulièrement les estuaires, sont dégradés par des pollutions diverses comme les hydrocarbures, les déchets et les eaux usées. L’espèce est cependant présente dans au moins quatre zones protégées.

La population n’excède peut-être pas 1500 individus, mais il a été suggéré que les effectifs pourraient être plus importants, allant jusqu’à 10 000 individus. Cette espèce est aujourd’hui connue comme étant plus répandue en période de reproduction que cela avait été supposé précédemment, et la population est actuellement placée dans la fourchette 1500/7000 individus matures.
La Pluvianelle magellanique est actuellement considérée Quasi menacée.