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Texte et photos de Nicole Bouglouan
Photographic ramble

Le texte a été rédigé par Nicole Bouglouan, d’après une observation réalisée dans le jardin, fin août/début septembre 2020.
Le texte et toutes les photos de cette page sont la propriété de Nicole Bouglouan. 
Ces images et le texte sont soumis au droit d'auteur et ne peuvent être utilisés sans l'autorisation expresse de la propriétaire. Ceci s'adresse aussi bien aux particuliers qu'aux diverses associations ornithologiques et autres organismes.
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Sources:

PIGEONS AND DOVES by David Gibbs, Eustace Barnes and John Cox - Pica Press Sussex - ISBN: 1873403607

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD – Volume 4 by Josep del Hoyo-Andrew Elliott-Jordi Sargatal - Lynx Edicions - ISBN: 8487334229

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Reproduction de la Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) au jardin

Fin août/mi-septembre 2020

La Tourterelle turque est présente dans notre jardin depuis très longtemps. Très à l’aise dans son espace, elle s’y reproduit plusieurs fois chaque année pour notre plus grand plaisir.
L’espèce a étendu son aire de répartition à toute l’Europe, à l’Afrique et à l’Amérique du Nord dans le courant du 20ème siècle. Une partie de cette expansion a été naturelle, mais en revanche, des oiseaux captifs échappés d’un élevage aux Bahamas dans les années 1970 et dont les oiseaux restants ont finalement été relâchés, sont à l’origine de son arrivée en Amérique.   
Présente en France depuis les années 1950, elle est aujourd’hui l’une des espèces les plus répandues dans les campagnes et même en ville.

Notre couple s’est installé dans son vieux châtaignier favori, et le nid a été construit dans une fourche composée de plusieurs branches fines et entourée de feuillage encore vert en cette fin août 2020. Il est à l’ombre pendant la majeure partie de la journée, et le reste du temps, les quelques feuilles présentes et judicieusement placées abritent un peu les oiseaux du soleil. Il est situé à 6-7 mètres de hauteur et n’est pas visible facilement même s’il se trouve bien en vue dans la cour de la maison. L’agitation des tourterelles nous a permis de le localiser, et à partir de ce moment-là, d’observer les comportements de ces oiseaux élégants.   

C’est le 24 août 2020 que nous avons vu le nid pour la première fois. Composé de brindilles entrecroisées, la construction semble lâche et fragile, un critère typique chez les Columbidés. En fait, ce type de nid permet à la pluie de passer au travers sans stagner dans la coupe où se trouvent les œufs ou les poussins selon la période.
Nous avons été inquiets à plusieurs reprises car des brindilles pendent en dessous, mais rien ne bouge. En regardant de plus près, nous avons constaté que la trame restait stable et solide.

Un adulte était en train de couver tranquillement, nullement dérangé par notre présence silencieuse. Ses yeux étaient cependant fixés sur nous mais il n’a montré aucun signe d’affolement et a continué l’incubation qui, chez cette espèce, dure une bonne quinzaine de jours. Ne sachant pas à quelle date les œufs ont été pondus, nous ne pouvons qu’attendre la suite.

Nouvelle observation deux jours plus tard, le 26 août, un adulte incube toujours en faisant la sieste à l’ombre. Tout est calme et nous le laissons. Les deux adultes incubent chacun leur tour.

Même scénario le 30 août. Mais en regardant attentivement, nous voyons l’oiseau un peu agité. Il regarde en l’air, mais aussi sous son corps. Serait-ce un signe que quelque chose a bougé dans le nid ? Mystère, nous ne voyons rien.
L’autre tourterelle vient se poser sur le sol à proximité du nid. Elle marche calmement vers nous et s’envole pour aller se poser un peu plus loin en hauteur. Peut-être est-ce le moment du changement. Nous partons pour ne pas les déranger.

J’ai pu assister tout à fait par hasard en passant dans le jardin, au changement d’adulte sur le nid. Celui qui arrive se pose d’abord sur une petite branche au-dessus, et descend branche par branche jusqu’à venir se poser sur le bord du nid, derrière celui qui incube. Il se penche alors en avant tandis que l’oiseau incubateur se glisse doucement hors du nid du côté opposé. Le nouvel arrivant s’installe aussitôt sur le nid avec précaution. A aucun moment il n’y a eu perte de chaleur. Le changement s’est effectué en silence.

Un autre jour, l’adulte incubateur a quitté momentanément le nid pour aller boire quelques mètres plus loin. Mais une Pie bavarde a commencé à jacasser dans le chêne qui se trouve derrière le châtaignier, et donc non loin du nid des tourterelles. Celle qui buvait est revenue aussitôt et s’est remise à couver afin de protéger les œufs.
La Pie bavarde est un prédateur bien connu qui vole les œufs et les poussins des autres oiseaux, souvent pour nourrir ses propres jeunes. 
Un prédateur de tourterelles, un Epervier d’Europe est aussi passé au-dessus des chênes, poursuivi par des Etourneaux sansonnets. J’ai tapé dans les mains et il a changé de direction. Depuis, je ne l’ai pas revu.

Le 3 septembre, après avoir à nouveau vérifié la solidité du nid avec une photo prise par en dessous, nous avons laissé les oiseaux tranquilles. L’incubation ne semblait pas terminée.
Mais en regardant les photos prises ce jour-là, une trace blanche près de la commissure de l’adulte attire mon attention… Les petits doivent être nés car c’est un reste de « lait de pigeon » qui indique que cet oiseau vient de nourrir ses poussins. Mais ils ne sont pas visibles pour le moment.  

Et le 7 septembre nous a réservé une bonne surprise. Notre attention a été attirée par l’arrivée d’un adulte sur le bord du nid tandis que l’autre s’est envolé. Mais cette fois, il ne s’agissait plus d’incuber mais de nourrir !
Dès que la tourterelle a été posée sur le nid, deux poussins au duvet jaunâtre, mais déjà avec quelques plumes, se sont littéralement jetés sur elle. Chacun d’un côté mais l’un après l’autre, ils ont mis leur bec à la commissure de celui de l’adulte avant de l’enfoncer complètement dans son bec, et il a commencé à régurgiter le fameux « lait de pigeon ». Le nourrissage a bien duré deux ou trois minutes au cours desquelles l’adulte n’a eu aucun répit. Quand ce n’était pas l’un, c’était l’autre qui piquait la commissure de son bec.

Cela nous a semblé pénible pour l’oiseau mais il a épuisé son stock en un rien de temps ! A la fin de la séance, un petit fil de salive unissait encore le bec d’un poussin à celui de l’adulte. Mais les jeunes étaient repus et ils se sont couchés près de leur parent qui s’est enfin reposé.

Le 9 septembre, petit coup d’œil pour nous assurer que tout va bien. Un adulte est sur le nid et un poussin est couché devant lui. L’autre n’apparaît pas et doit être derrière. Le soir, afin de vérifier à nouveau si tout le monde était là, nous n’avons vu qu’un seul jeune sur le nid. Nous avons attendu, mais l’autre ne s’est pas montré. En espérant qu’il ne lui était rien arrivé, nous avons décidé d’attendre le lendemain.

Le 11 septembre, ils sont tous les deux seuls au nid. Il faut dire que la place commence à manquer. De plus, il fait très beau et ils ne souffrent pas du froid, ce serait d’ailleurs plutôt l’inverse car il fait très chaud l’après-midi.
Celui qui doit être le premier né commence à s’agiter et à étirer ses ailes, poussant un peu le second. Mais la bonne entente semble régner et les deux larrons s’installent côte à côte. Ces diverses contorsions nous ont permis de constater à nouveau que le duvet tombe peu à peu et laisse la place à des plumes.
Mais soulagement quand le lendemain 10 septembre, nous découvrons l’adulte au nid avec ses deux poussins. Donc, tout va bien. Ils ont déjà moins de duvet sur le dessus de la tête et leur regard est plus sûr.

Leur plumage ressemble à celui des parents, mais le collier noir n’apparaît pas pour le moment. Il sera visible en principe vers le 17ème jour. Une semaine après la naissance, les poussins sont couverts de duvet jaunâtre. Les plumes sont visibles à 12 jours et le 14ème, la couleur est la même que chez les parents. Ils commencent à lisser leurs plumes vers le 11ème jour et restent debout au nid au bout de deux semaines, faisant des exercices avec leurs ailes et s’aventurant hors du nid.   

Le 12 septembre, la tête ne présente pratiquement plus de duvet. Les plumes sont lisses et bien ordonnées, le regard est sûr et l’œil est vif. Seul le bec nous rappelle que ce sont encore des poussins.

En fin de journée, l’un des deux jeunes s’est glissé sur la branche qui soutient le nid afin de se mettre à l’ombre. L’autre est resté sur le nid. Ils commencent à bouger hors du cocon natal.

Le 13 septembre, les deux jeunes sont couchés côte à côte, de dos au soleil. L’un d’eux étire bien ses ailes et ses pattes, ce qui nous montre que les plumes des ailes sont bien formées, mais il reste encore du duvet sur les flancs.
Un peu plus tard, ils se déplacent à nouveau sur la branche pour se protéger du soleil. L’un d’entre eux a gonflé les plumes du croupion pour rétablir la température corporelle, tandis que son bec s’ouvre et se ferme à un rythme régulier.
Le second s’est installé de l’autre côté sur le bord du nid et à l’ombre également.
Un adulte est venu les nourrir et les hydrater vers 18h30 et le calme est revenu.

Le lendemain 14 septembre, les deux jeunes sont toujours seuls sur le nid, dos à dos. Le bec commence à changer de forme avec l’extrémité moins crochue, bien plus semblable à présent à celui des adultes. L’œil est bien brillant et le regard éveillé. Les plumes deviennent plus lisses… Ils grandissent très vite !
Nous pouvons les voir dos à dos sur le nid qui résiste toujours malgré tous ces mouvements.

Mais en fin de journée, alors que je vérifiais si tout allait bien, je n’en ai trouvé qu’une au nid. Inquiète, je cherche dans les branches, et finalement je la trouve, environ 70 centimètres sous le nid, posée élégamment sur une petite branche et pas du tout décidée à remonter. Elle s’accroche avec les griffes tout en battant des ailes, signe qu’elle ne peut pas encore voler correctement. Elle a fini par s’installer sur un rameau près de la branche qui soutient le nid. Je ne sais pas si elle va passer la nuit là ou si elle va remonter retrouver la seconde. Elle avait l’air très bien et contente.
Mais je suis quand même ressortie une demi-heure plus tard, et je les ai trouvées toutes les deux dans le nid, prêtes pour la nuit.     

Dans la journée, les parents sont aux alentours. Ils se nourrissent afin de fabriquer ce fameux lait si nourrissant, composé de protéines, de lipides et d’une petite quantité de sels minéraux. Mâle et femelle peuvent le produire. Contrairement au lait produit par les mammifères, le lait de pigeon ne contient pas de glucides. Il comprend 65 à 85% d’eau, ce qui explique le besoin de boire un moment avant de régurgiter cette substance malgré tout assez épaisse. Ce lait est très nutritif et entraîne une croissance rapide des juvéniles.   
Après trois ou quatre jours de ce régime riche, les jeunes sont nourris d’un mélange de ce lait et de graines pendant environ 18 jours avant d’être sevrés et d’accéder à une nourriture normale.

En tout début de matinée le 15 septembre, il n’y a qu’une tourterelle au nid où un adulte est venu la nourrir. Pas de trace de la seconde pour l’instant. Elle a probablement réussi à aller se poser dans les chênes proches et n’est donc pas visible.
Sur le nid, la plus jeune à son tour essaie ses ailes et s’agite, puis, brusquement, elle saute vers la branche située au-dessus d’elle et s’y accroche. Elle aussi veut en finir avec le nid !

Les deux parents arrivent en criant de façon répétitive, et se posent à la cime du châtaignier, prêts à nourrir à nouveau. Mais voilà que notre effrontée qui avait disparu, sort du chêne où elle s’était posée, sans doute tôt ce matin, pour avoir sa part de nourriture.
Les deux jeunes sont à présent proches l’une de l’autre sur les branches. Elles ont les ailes tremblantes, signe de demande de nourriture à l’adulte. Celui-ci descend et va vers le nid où bien sûr, il n’y a personne. Il fait quelques allées et venues, presque impatient, et attend sur le bord du nid.
La première arrive, cahin-caha, en s’aidant de ses ailes pour l’équilibre. Elle plonge aussitôt son bec dans celui de l’adulte. Quelques secondes plus tard, l’autre arrive au nid et réclame aussi sa part qui lui est donnée aussitôt.

Il est donc bien clair que le nourrissage a encore lieu au nid. Une fois repues, elles restent quelques instants sur le nid, toujours tremblantes après cette séance. Mais la place devenant de plus en plus réduite, l’une d’elles se pose sur la branche 30 centimètres plus loin, afin de laisser la place à la plus jeune.

Il est évident que les deux juvéniles ont envie à présent d’aller voir ailleurs, et elles vont sans doute très vite gagner les chênes plus protecteurs avec encore toutes leurs feuilles. Elles seront nourries là où elles se trouveront, pendant encore quelques jours. 

Si hier au soir 15 septembre après le nourrissage, les deux juvéniles étaient tournées vers les chênes pour aller y dormir, ce matin 16 septembre, nous avons entendu les parents crier en passant au-dessus de la maison, probablement pour annoncer le petit déjeuner. Et effectivement, les jeunes ont été nourries sur le nid, en se bousculant un peu.
Deux heures plus tard, l’une d’entre elles était posée sur la branche à côté du nid, mais l’autre, la plus dégourdie, n’était pas présente.
Dans l’après-midi vers 16 heures, un adulte est passé en vol au-dessus du châtaignier pour les appeler, et cette fois, elles ont été nourries sur une grosse branche, à environ 2-3 mètres du nid. Apparemment, les comportements changent, et le nid ne sera bientôt plus qu’un vestige dans le châtaignier qui commence à perdre ses feuilles.    

Aujourd’hui 17 septembre, nos deux tourterelles sont posées dans les branches du châtaignier et attendent les adultes qui ne sont pas loin. C’est l’heure du repas !
Nous remarquons que le collier noir commence à apparaître sur l’oiseau placé en haut de la photo, ce qui veut dire qu’il a environ 17 jours. Cet âge correspond bien aux comportements que nous avons eu la chance d’observer.    

Les photos du nid en fin de cycle montrent une coupe transparente et encore solide, car faite avec des rameaux rigides et d’une certaine épaisseur. Il est placé dans une fourche composée de plusieurs branches fines. Ces petites branches ont permis aux juvéniles de sortir du nid quand il est devenu trop petit. Elles ont pu s’y poser, s’y reposer et étirer leurs ailes sans se gêner. De plus, le feuillage épars mais présent aux bons endroits a permis de garder le nid à l’ombre une bonne partie de la journée, excepté le soir, à l’heure où le soleil est plus bas.
L’endroit a été bien calculé pour le bien-être des poussins et des adultes. Et contrairement à ce qu’expriment de nombreux avis, il a tenu bon !

Nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à ces jeunes tourterelles qui ont tout à apprendre de la nature, de ses prédateurs (animaux et humains) et des caprices du temps qui selon les périodes, leur fourniront de la nourriture en abondance ou pas.          

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Xeno-Canto

Cris de contact entre mÔle et femelle

Dernières informations :

Nous avons revu les deux juvéniles aujourd’hui 4 octobre. Elles sont magnifiques, un  peu plus fines que les adultes qui semblent être en train de les sevrer. Elles étaient ensemble sur midi devant des miettes de pain destinées aux moineaux. Les adultes ont mangé et les jeunes aussi, mais timidement. Elles restent très près du bec des parents !!! Mais le moment de partir approche. Elles ont environ cinq semaines.

DERNIERES IMAGES DU 5 OCTOBRE 2020

Jeune au premier plan

avec les deux adultes

Juvenile et adulte
Juvénile à 5-6 semaines
Juvénile à 5-6 semaines
Juvénile à 5-6 semaines