English version

Accueil

Présentation

Fiches

Dossiers

Voyages
 
Galeries

Poésie

Liens

Nouveautés

Contact

Mentions légales

Les parades de défense effectuées par les mâles sont importantes dans le choix des femelles et rejoignent alors les parades nuptiales, leur permettant ainsi de choisir le mâle le plus fort capable d’être un bon père, un partenaire agréable et un protecteur efficace pour toute la famille.

Voir aussi:

Comportement nuptial chez le Moineau domestique

Parades automnales chez le Martin-pêcheur d'Europe

Texte de Nicole Bouglouan

Photographes:

Didier Buysse
Vision d’Oiseaux

Alfredo Colón
Puerto Rico Wildlife

Jean Michel Fenerole
Photos d’Oiseaux

Steve Garvie
RAINBIRDER Photo galleries

Tom Grey
Tom Grey's Bird Pictures

Patrick Ingremeau
TAMANDUA

Eduardo Andrés Jordan
MIS AVES – AVES DE ARGENTINA

René Lortie
http://rlortie.ca/

Tom Merigan
Tom Merigan’s Photo Galleries

Bob Moul
Nature Photography

Yves Thonnerieux
NATUR’AILES

Callie de Wet
Flickr Galleries

Nicole Bouglouan
PHOTOGRAPHIC RAMBLE

Sources:

Wikipedia (Wikipedia, The Free Encyclopedia)

Stanford University - Birds of Stanford

SORA Searchable Ornithological Research Archive (Blair O. Wolf)

 

Accueil

Sommaire dossiers       

 

Les Parades Nuptiales chez les Oiseaux

 

Dès la fin de l’hiver et pendant la saison de reproduction, presque toutes les espèces effectuent des parades, soit pour renforcer les liens du couple, soit pour en créer.

Ces parades apparaissent plus développées chez les nouveaux couples car le mâle doit attirer une femelle, utilisant pour cela plusieurs sortes d’attitudes, déplacements et actions.

Au cours des parades terrestres, les mâles adoptent différentes positions afin d’exposer les couleurs de leur plumage. Ces parades sont caractéristiques de l’ordre des Galliformes dans lequel faisans, coqs, perdrix et autres espèce similaires partagent ces comportements.
Les oiseaux très colorés effectuent des parades ayant pour but de mettre en valeur les zones irisées et luisantes, les barres alaires vives ou les dessins particuliers de la tête et du corps. Les longues queues de plusieurs faisans et paons sont alors complètement déployées et secouées de vibrations tandis que le mâle tourne autour de la femelle.

Paon bleu - Pavo cristatus
Faisan de Colchide - Phasianus colchicus

Les plumes sont gonflées. L’oiseau adopte des positions appropriées et effectue des déplacements latéraux, des courbettes, relève ou abaisse les ailes et/ou la queue, tend le cou et dresse une crête ou expose une zone de peau nue vivement colorée. La tête présente souvent des caroncules éclatantes dont le rôle n’est plus à démontrer quand le mâle se  pavane.  

Grand hocco - Crax rubra
Sarcoramphe roi - Sarcoramphus papa

Le bec souvent énorme des calaos, toucans et pélicans, souvent très beau et coloré, est également mis en valeur par des postures étudiées.

Toucan à carène - Ramphastos sulfuratus
Bucorve du Sud - Bucorvus leadbeateri

Des sons accompagnent souvent les parades. Les cris et les chants sont habituellement émis par les mâles depuis un perchoir au-dessus du territoire, mais aussi depuis des buissons ou des branches basses aux limites de la zone ou dans le voisinage immédiat.
Les chants servent à attirer les femelles, mais aussi pour prévenir les éventuels rivaux que le territoire est établi et défendu. Ensuite, ces sons deviennent plus doux et les deux partenaires les utilisent alors pour communiquer entre eux.
Les petits passereaux attirent aussi les femelles par les cris et les chants, et des compétitions entre rivaux ont lieu afin de déterminer lequel de tous les mâles émettra le chant le plus mélodieux ou le cri le plus sonore pour impressionner une éventuelle partenaire.

Mésange charbonnière - Parus major
Rouge-gorge familier - Erythacus rubecula

Mais plusieurs espèces ne produisent que des sons non vocaux tels que des claquements de becs, des bruissements d’ailes ou des battements bruyants, des souffles, des grognements ou autres selon les genres. Ce fait est particulièrement marqué chez les vautours du Nouveau Monde, les Cathartidés.
Ces actions peuvent avoir lieu sur le sol, dans les branches ou à d’autres endroits, mais en général à l’intérieur du territoire, souvent assez près du site du nid, ou même dans le nid.

D’autres sortes de parades sont effectuées par les mâles ou les deux partenaires en vol au-dessus du territoire. Un des oiseaux, habituellement le mâle, pratique des parades aériennes tandis que la femelle le regarde,  quelquefois avant de le rejoindre.
Ces parades aériennes sont souvent spectaculaires, particulièrement chez les rapaces qui volent ensemble au-dessus de leur territoire et aux alentours du site du nid. Ils volent près l’un de l’autre et s’agrippent par les serres tandis que l’un d’entre eux se retourne et vole sur le dos. Il leur arrive de se laisser tomber ensemble et de remonter ensuite séparément pour à nouveau s’agripper par les griffes et recommencer.

Milan noir

Milvus migrans

Ce type de vol est effectué par de nombreux oiseaux de proie tels qu’aigles, busards, buses, milans, faucons… depuis le plus grand jusqu’au plus petit. Même le Gypaète barbu – Gypaetus barbatus, effectue ces parades acrobatiques malgré sa taille.

Gypaète barbu

Gypaetus barbatus

Cependant, quelques vautours parmi les plus lourds ont des vols nuptiaux plus simples. Les deux partenaires décrivent des cercles dans le ciel, planent et glissent ensemble. Ils peuvent voler l’un au-dessus de l’autre pendant un certain temps, et ce vol est alors nommé « vol en tandem ». C’est le cas des grands vautours de l’Ancien Monde du genre « gyps ».

Vautour fauve

Gyps fulvus

En dehors des rapaces, d’autres espèces effectuent des vols nuptiaux souvent accompagnés de cris. Pendant ces vols, l’oiseau s’élève verticalement ou en spirale avant de plonger d’une certaine hauteur tout en chantant. On peut aussi observer des poursuites entre males et femelles, quelques « danses » et du vol battu produisant des bruits bien audibles, suivis de glissades ailes closes. 

Alouette calandre - Melanocorypha calandra

D’un autre côté, les mâles de plusieurs espèces, grandes ou petites, paradent dans des « arènes ou leks », une zone qui leur procure tout ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire des endroits pour se pavaner comme des branches basses, des monticules ou des rochers où les mâles peuvent chanter et parader, soit en solitaire sur un petit territoire à l’intérieur de l’arène, soit en groupes où une hiérarchie place chaque mâle en fonction de certains critères qui varient selon les espèces.
Les femelles les regardent depuis les limites de l’arène ou même à l’intérieur, observant attentivement chaque mâle afin de choisir le plus fort et le plus beau de tous.
Ces parades sont effectuées par de grands oiseaux comme les outardes et les tétras, mais aussi par des espèces beaucoup plus petites comme les manakins ou les colibris.  

Tétras lyre au lek - Lyrurus tetrix
Manakin tijé - Chiroxiphia pareola

Les oiseaux aquatiques et plus spécialement les canards et autres espèces similaires, paradent en général dans l’eau, utilisant différentes postures pour mettre en valeur les zones les plus colorées de leurs corps. Plusieurs mâles poursuivent une femelle et s’accouplent comme le font souvent les canards. L’accouplement a lieu dans l’eau.                    

Garrot à oeil d'or - Bucephala clangula
Canard colvert - Anas platyrhynchos

Mais les parades nuptiales comprennent aussi des « cadeaux » du mâle à la femelle. Chez plusieurs espèces, le mâle offre quelque chose à la femelle,  et la nourriture est le cadeau le plus courant. Il lui offre une proie, insecte, chenille, petit mammifère, poisson, serpent ou autre, selon l’espèce et ses comportements alimentaires.

Mésange bleue - Cyanistes caeruleus
Rouloul couronné- Rollulus rouloul

Cette nourriture joue un certain rôle avant la ponte. Elle a une valeur nutritionnelle importante au moment où la femelle fabrique les œufs.
Le mâle peut continuer pendant l’incubation. Chez de nombreuses espèces, si la femelle couve seule, le mâle lui apporte de la nourriture au nid ou juste à côté, ou bien des transferts de nourriture sont observés en vol, notamment chez le Busard Saint Martin – Circus cyaneus. Ceci donne lieu à des spectacles aériens magnifiques.

Busard Saint Martin

Circus cyaneus

Cependant, les mâles peuvent aussi offrir des choses autres que de la nourriture, comme par exemple un pétale de fleur, geste fréquent chez les oiseaux du genre « Malurus » comme le Mérion superbe – Malurus cyaneus, ou bien une brindille, une racine, une herbe et toutes sortes de matériaux utilisés pour construire le nid. 
Les Grèbes huppés - Podiceps cristatus, s’offrent mutuellement de la végétation après une danse élaborée au cours de laquelle le mâle et la femelle sont face à face et bougent alternativement la tête et le cou.

Grèbe huppé

Podiceps cristatus

Les Cigognes blanches – Ciconia ciconia, utilisent des matériaux, et l’on peut alors assister à une parade d’accueil quand le mâle rapporte de la végétation au nid.

Cigogne blanche

Ciconia ciconia

Plusieurs Ardéidés paradent au nid avec un rameau de bois dans le bec, alors que les aigrettes exposent et secouent leurs longues plumes nuptiales en ondulant, perchées sur une branche. Ces oiseaux présentent des lores, becs et pattes brillamment colorés pendant la saison de reproduction.

Grand héron - Ardea herodias
Aigrette neigeuse - Egretta thula

Le but essentiel des offrandes est de prouver à la femelle qu’un mâle est capable de trouver des matériaux pour construire un nid robuste et de nombreuses proies pour nourrir les jeunes.

D’autres comportements spectaculaires sont observés chez les « jardiniers ». Quelques mâles tels que le Jardinier satiné - Ptilonorhynchus violaceus, et le Jardinier à nuque rose - Chlamydera nuchalis, (mais d’autres le font aussi), construisent un « berceau », une sorte de structure terrestre faite de deux rangées de brindilles et de tiges formant une arche, parfois même avec un toit, mais aussi avec des ornements tels que plumes, fleurs, feuilles, cailloux, baies, coquilles, morceaux de plastique, de verre… Ces articles diffèrent d’un oiseau à l’autre, et sont souvent étroitement liés à chaque mâle. Le Jardinier satiné utilise uniquement des objets du même bleu que son plumage. Le berceau et ces objets montrent que ce mâle est capable de trouver des matériaux pour le nid dans son habitat, et ont pour but d’attirer les femelles qui visitent plusieurs sites et observent les parades des mâles afin de choisir le meilleur d’entre eux. Après l’accouplement, le nid où seront déposés les œufs sera construit par la femelle. Elle élèvera les jeunes seule tandis que le mâle tentera d’attirer d’autres femelles. 

Jardinier satiné - Ptilonorhynchus violaceus
Berceau du Jardinier à nuque rose - Chlamydera nuchalis

Les Paradisiers effectuent des parades élaborées et très spectaculaires au cours desquelles ils dansent en face de la femelle afin d’exposer leur superbe plumage. Ils gonflent leurs plumes et déploient la queue et/ou les ailes en produisant des vibrations, mettant en valeur les plumes vivement colorées ainsi que les magnifiques dessins du plumage. Pendant ces parades, le mâle se suspend souvent la tête en bas ou se pose sur un buisson ou un arbuste. Il crie fortement tout en paradant seul ou bien en groupe dans une arène.

Paradisier de Victoria

Ptiloris victoriae

Selon les espèces et les différents ornements des mâles, chaque oiseau utilise au mieux ses atours. Les Viduidés, et plus particulièrement les veuves, effectuent des parades aériennes ondulantes au cours desquelles la longue queue suit chaque déplacement.

Veuve dominicaine

Vidua macroura

Ce genre de parade est également observé chez l’Engoulevent à queue en ciseaux - Hydropsalis torquata, mais celui-ci se pavane plutôt au sol où les différents mouvements sont accompagnés par la longue queue.

Engoulevent à queue en ciseaux

Hydropsalis torquata

Quelques oiseaux présentent une poche gulaire vivement colorée. C’est le cas de la Frégate superbe - Fregata magnificens, qui gonfle cette poche à l’extrême pendant les parades et se pavane devant la femelle. Cependant, la poche gulaire des pélicans n’est utilisée que pour pêcher !

Frégate superbe

Fregata magnificens

Les oiseaux marins et les limicoles effectuent des parades aériennes et des offrandes de nourriture, et volent souvent ensemble au-dessus de la colonie ou de leur territoire, parfois avec un poisson dans le bec de la femelle.  

En revanche, certains oiseaux comme le Phalarope de Wilson - Phalaropus tricolor, et autres espèces voisines, présentent des comportements inverses. Ici, c’est la femelle qui commence les parades. Elle a le plumage plus vif que celui du mâle et elle est plus grande. Ses comportements sont ceux des mâles des autres espèces, abandonnant le nid après la ponte tandis que le mâle incube les œufs et élève les jeunes.   

Phalarope de Wilson

Femelle

Phalaropus tricolor

Le lissage mutuel des plumes est un comportement partagé par presque toutes les espèces, et largement répandu tant chez les grands que les petits oiseaux. Ils lissent et entretiennent leurs plumes afin de garder leur plumage sain et propre pour bien voler. Mais pendant la période nuptiale et dès que le couple est formé, ils se lissent mutuellement les plumes, chaque oiseau lissant les plumes de son ou sa partenaire.
Les Columbidés tels que pigeons et tourterelles sont souvent observés en train de becqueter les plumes du cou ou de la tête du ou de la partenaire.

Pigeon ramier

Columba palumbus

 

Pendant la saison de reproduction, les mâles se battent souvent avec leurs rivaux, d’abord pour établir les limites du territoire, mais aussi pour prouver qu’ils sont capables de défendre le site du nid et les jeunes. Les femelles provoquent parfois ces combats afin d’observer et de sélectionner le mâle le plus fort, celui qui saura la protéger ainsi que leur couvée.

Tadorne de belon

Tadorna tadorna

Le but principal de toutes ces parades est de prouver qu’un mâle est capable de construire un nid, de le protéger ainsi que le territoire contre les prédateurs et les rivaux, de nourrir la femelle qui couve et les poussins, et d’élever les jeunes après leur envol.
Pour cela, le mâle utilise plusieurs attitudes et vols afin de se montrer plus grand qu’il n’est en réalité, avec des couleurs plus vives, un bec et des griffes robustes pour chasser et apporter de la nourriture au nid, capable d’émettre des chants mélodieux mais sonores et des cris d’avertissement, devenant plus doux entre les adultes et les jeunes.

Onoré du Mexique

Tigrisoma mexicanum

Ces parades sont également utilisées en défense. Les attitudes et les mouvements sont souvent identiques, mais leur but change selon les situations. En face d’un rival ou d’un prédateur, l’oiseau expose ses couleurs vives, ou déploie les ailes et la queue pour paraître plus grand et plus fort, met en valeur les taches les plus colorées par des vibrations, des sauts, des vols, des courbettes et beaucoup d’autres mouvements sur le sol, dans les arbres ou dans les airs.

Fou de bassan

Morus bassanus

Rollier à longs brins

Coracias caudatus

Haut de page
Haut de page
Haut de page
Haut de page
Haut de page
Haut de page